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Egizio Valceschini : European Bioeconomy Strategy and Geopolitics of Natural Resources

Cours du 29 mai 2015

Intervenant : Egizio Valceschini, INRA, SCAR, ESF

Egizio Valceschini est docteur en sciences économiques, directeur de recherche à l’INRA et président du Comité d’Histoire de l’INRA. Plus généralement, c’est un expert dans le domaine de l’économie agroalimentaire. Ses recherches ont, entre autres, porté sur la qualité des produits agroalimentaires, sur les contrats entre agriculteurs et industriels, et sur la séparation des filières OGM et non-OGM.
Il est également membre du SCAR (Standing Committee on Agricultural Research) qui représente les pays européens à la commission européenne pour l’agroéconomie dans le but de fixer un cap pour l’innovation en agriculture européenne.

http://www.hautconseildesbiotechnologies.fr/fr/membre/valceschini-egizio

Rôle du SCAR dans le contexte de la bioéconomie européenne

Points clés :

La bioéconomie dans le contexte européen

Dans les années 80 émerge l’idée de doper la croissance par le progrès scientifique et technique autour des sciences du vivant (ex : rapport Jacob).
En 2009, l’OCDE relance cette idée. L’Europe entre alors dans une période de croissance presque nulle et cherche des solutions. Parallèlement, se développe l’idée que la recherche doit désormais aboutir à des résultats concrets et efficaces pour la société.
En 2010, la Commission Européenne veut miser sur la bioéconomie. L’Allemagne est déjà en avance sur les énergies vertes et mène une politique affichée de bioéconomie. Les États-Unis, ayant toujours considéré la science comme une source de progrès, ont eux aussi depuis longtemps une stratégie de bioéconomie mais presque entièrement au service de la croissance. En France, les investissements changent au cours du temps et dépendent des politiques nationales. La bioéconomie vise la connaissance des génomes, une meilleure utilisation de la biomasse dans l’industrie et un recourt plus efficace et systématique aux biotechnologies. À travers la bioéconomie, l’espoir est de changer l’économie, les modes de consommation (meilleure gestion des déchets) et à terme de relancer la croissance. Les enjeux sont multiples : réduire la pollution, mieux gérer les ressources, préparer une transition énergétique vers des énergies plus renouvelables et créer des emplois à travers la création de nouvelles filières d’industrie. Bien entendu, toute cette réflexion prend place dans un contexte de réchauffement climatique, d’épuisement des ressources et d’augmentation de la population mondiale. Ces réflexions amènent à s’interroger :

  • Comment et où produire la biomasse requise ? Comment la biomasse peut-elle être gérée ? (production, déchets…)
  • Quels types de biotechnologies sont mobilisés ? (OGM ?) Les algues sont-elles utiles ? (-> recherche, investissements) Le SCAR doit répondre à ces questions.

SCAR (Standing Committee of Agriculture Research)

Le SCAR est l’un des rares comités européens qui réunit des représentants des pays membres plutôt que des experts. Ce comité vise une coordination politique entre pays pour assurer la convergence des programmes de recherche nationaux. Cela passe notamment par la coordination des financements et la construction d’un espace européen de recherche. Le SCAR existe depuis 1974 et joue depuis, le rôle d’un créateur de programmes et de grandes orientations. Il produit des prospectives (« foresight » en anglais), donne des recommandations politiques générales basées sur les informations données par les experts de chaque état membre.

  • 3e prospective du SCAR : à propos de la rareté des ressources En 2008, la question est de savoir si on pourra nourrir le monde en 2050, dans un contexte d’érosion des ressources et d’une population mondiale à 10 milliards d’habitants selon les prévisions. La conclusion du SCAR est que ce défi peut être relevé à certaines conditions. Il faut arrêter de dilapider les ressources naturelles (déforestation, urbanisation, ressources en eau…). Il sera impossible de nourrir l’humanité en 2050 de la même façon que sont nourris les américains aujourd’hui. Reste la question de savoir si les biotechnologies doivent être au service de la croissance qui renouvelle le système actuel en l’améliorant éventuellement, ou si les biotechnologies doivent viser la prospérité à travers un nouveau système tel que l’agroécologie.
  • 4e prospective du SCAR : agriculture, pêche, forêt, les défis pour l’Europe Le problème qui se pose part du constat que les ressources naturelles sont dans un état catastrophique. Le SCAR s’interroge sur le rôle de la pêche, la forêt et l’agriculture dans la bioéconomie et sur le rôle potentiel de ces activités de ressources en tant que levier économique. L’évolution de la biomasse s’inscrit dans un problème d’offre et de demande. Les experts produisent des scénarios vis-à-vis de ces ressources et le SCAR tente d’identifier différents leviers économiques. La conclusion du SCAR est que la pêche, l’agriculture et la forêt doivent être considérées comme des offres répondant à des demandes de nourriture, de matériaux et d’énergie.

par Théo Marchand

Publié ou mis à jour le 6 février 2017