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Didier Barthès ; l’urgence écologique de repenser la démographie

Cours du 5 juin 2015

Intervenant : Didier Barthès, Réseau Biosphère
Didier Barthès est économiste de formation. Après avoir longtemps travaillé dans l’édition (télématique) il s’est engagé en faveur de la protection de la nature, d’une part au sein du Mouvement Ecologiste Indépendant, d’autre part en tant que porte-parole de l’association Démographie Responsable (https://www.demographie-responsable.org/) . L’association milite pour que la question de nos effectifs et de leur évolution soit largement intégrée à toute les réflexions en matière d’écologie. Didier Barthès propose par ailleurs des cours d’astronomie au sein du Centre d’Animation Lyonnais en Astronomie.

Résumé du cours

Etat des lieux de la démographie mondiale

  • Rappel des ordres de grandeurs de nos effectifs et de leur évolution : Multiplication du nombre des hommes par 1000 en 10 000 ans, par 40 en 2000 ans, par 4 au cours du dernier siècle et par 2 au cours des 40 dernières années, comparaisons avec l’évolution de la faune dont les effectifs ont été divisés par deux au cours de la même dernière période.
  • Regard sur quelques exemples de la démographie africaine qui offre aujourd’hui le plus important potentiel de croissance ainsi que sur certains pays d’Asie qui sont aujourd’hui de véritables géants démographiques (Chine et Inde) ou qui ont des densité de peuplement gigantesque (le Bengladesh notamment).
  • Etudes des projections démographiques pour 2050 et 2100 et rappel de l’évolution de ces projections au cours de la dernière décennie. Remise en cause de l’idée d’une tendance marquée à la stabilisation de nos effectifs.

*- Liens entre la densité d’occupation des territoires et la dégradation de l’environnement

La question du tabou
  • Le sujet est aujourd’hui encore largement tabou même, voire surtout, dans les milieux écologistes où seule presque la question de notre mode de vie est débattue. Rappel de quelques exemples de ce tabou, (quasi-unanimité politique sur le sujet, caricature des antinatalistes, ostracisassions des mouvements malthusiens, l’adjectif « malthusien » lui-même ayant pris une connotation péjorative, aussi bien dans son sens restreint que dans son sens le plus général. Notons que les médias eux-mêmes présentent régulièrement par exemple le haut niveau de fécondité français (par rapport aux autres pays européens) comme un élément tout à fait favorable par nature.
  • Réflexions sur les raisons de ce tabou, rapport à l’enfant, rôle du « politiquement correct », volonté de prééminence.
Ce qui peut être fait
  • Dans les pays en voie de développement : réserver une part importante de l’aide au développement (25 % ?) à la planification familiale. Prendre conscience qui si des problèmes culturels restent déterminant des questions très matérielles comme la facilité et le coût d’accès à la contraception restent délicates, un effort peut-être fait de ce point de vue. Au moins 30 % des femmes des pays peu développés seraient en attente insatisfaite de contraception. Par ailleurs, bien évidemment, il faut favoriser l’éducation : un haut niveau d’éducation restant corrélé à une fécondité plus basse (même si la question est délicate, car l’éducation est elle-même corrélée à beaucoup d’autres éléments sociaux et économiques).
  • Dans les pays développés, limiter à l’avenir les transferts financiers (via les politiques fiscales et les allocations familiales et autres aides) des familles ayant peu d’enfants vers les familles nombreuses (sans effets rétroactifs bien entendu pour ne pas mettre dans l’embarras les familles actuelles).

Publié ou mis à jour le 6 février 2017