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Jean-Pascal Bassino : Ecosystem services and the social value of Nature 1 / Non-financial reporting

Cours du 1er juin 2015

Intervenant : Jean-Pascal Bassino, Ens de Lyon
Jean-Pascal Bassino est professeur de science éco à l’ENS de Lyon. Ses recherches sont basées sur le niveau de vie, le bien-être biologique et les institutions économiques sur le long terme au Japon, en Asie du Sud Est. Il s’est aussi beaucoup intéressé à des questions d’économie de l’environnement, plus spécifiquement à la place du capital naturel dans le bien-être des populations et est intervenu en tant que consultant pour le Plan Bleu et la banque mondiale.
http://iao.cnrs.fr/spip.php?article300

texte alternatif

Valeur économique des services écosystèmiques

Des processus bio-géo-physique sont associés à des fonctions qu’on formule en termes de service. A partir de cette définition en service, on peut alors estimer le bénéfice qu’il procure dans la sphère économique et donc estimer la valeur du service en question. Pour quantifier le bénéfice, on le traduit avec un numéraire commun : la monnaie. On quantifie le bénéfice en terme physique. L’idée étant de transformer un service écosystémique en valeur. Ainsi cette démarche révèle sa nature essentiellement anthropocentrée. La seule préoccupation de cette discipline est le bien être humain. Ce qui par conséquent conduit à l’oubli de services écosystémiques qui sont rendu vers d’autres écosystèmes. Les techniques utilisées pour quantifier la valeur d’un service écosystémique sont standards et connues. Leur utilisation requiert surtout une adaptation dépendant de l’objet d’étude. Les données ainsi obtenues sont approximatives et relève plus d’ordres de grandeurs que de mesures précises. Ces estimations sont faites dans un objectif d’aide à décision. Les économistes restent modestes, ils ne prennent pas la décision mais fournissent une information pour décider. L’information doit être utilisable par toutes les partis prenantes à la prise de décision. Les méthodes d’estimation doivent être claires et le calcul doit être reproductible. La sensibilité des résultats à des hypothèses doit, de même, être mesurable. L’avantage d’une telle quantification, c’est qu’elle permet d’accéder à valeur économique totale en additionnant les valeurs de plusieurs services écosystémiques. Cependant, ce faisant, on met sur le même plan des choses qui n’ont parfois rien à voir, de plus l’estimation en elle-même contient des biais et le calcul oublie nécessairement de comptabiliser certaines parties du service écosystémique. On comprend que l’estimation est nécessairement biaisée et qu’elle n’est qu’un ordre de grandeur. Beaucoup études sur climat ont été menées même trop selon certains. Certaines démontre que le coût d’adaptation est finalement abordable même pour des pays en développement, le problème serait surtout politique. L’économie de l’environnement se révèle aussi être un exercice de communication.

L’identification rigoureuse et exhaustive des grandes fonctions des écosystèmes (comme la régulation du gaz, le traitement des déchets, la régulation du climat, la rétention et la formation des sols, la pollinisation, etc…) est la première étape menant à l’estimation de la valeur d’un service écosystémique. Les services sont aussi de natures intrinsèquement différentes, certains sont des services de régulation, d’autres de production et enfin certain relèvent du domaine culturel (comme l’existence et le maintien d’une espèce emblématique, par exemple). La démarche d’estimation doit être transparente et la méthode conduisant aux résultats explicitée. On estime la valeur des services écosystémiques avant tout pour : en connaître la valeur totale, savoir si une intervention en vaut la peine, déterminer après une intervention qui sort gagnant ou perdant pour calculer ensuite d’éventuelles compensations. Enfin, cela permet d’identifier des zones à protéger en priorité pour éviter de futures interventions potentiellement extrêmement coûteuses en cas de destruction de la zone en question.

On distingue deux catégories de méthodes pouvant conduire à l’estimation de la valeur d’un service écosystémique : la première dite des méthodes de valeurs révélées consiste à estimer la valeur a d’un service à travers :
- ses retombées économiques directes (en calculant la production accessible à l’homme d’un écosystème par exemple). Cette méthode est connue pour sa solidité.
- le coût de la maladie (cette démarche provient de l’économie de la santé et est souvent très critiquée). Quand on a une dégradation écosystémique, on va avoir des effets externes sur la population conduisant à de nouveau frais pour la société.
- le coût de remplacement, cette technique consiste à calculer les coûts des travaux publics nécessaire à la réhabilitation d’un écosystème
- la différence des bénéfices entre des instants t et t+1
- le prix hédonique
La deuxième catégorie de méthode est celle dite des valeurs déclarées. Cette démarche repose sur des enquêtes reposant essentiellement sur des questions du type « Combien êtes-vous prêt à payer pour… », on parle de consentement à payer. Cependant cette démarche pose d’énormes difficultés. On sait par exemple à travers ce genre d’études que la somme des espèces d’un écosystèmes vaut plus que l’écosystème entier… Les ONG se sont approprié ce résultat et ne propose ainsi que des campagnes de dons ciblées sur les espèces et non pas sur les écosystèmes.
Enfin, nous ne nous sommes intéressé jusque-là qu’à des flux, alors que l’estimation du stock est tout aussi importante car l’étude des flux ne permet pas d’accéder à la soutenabilité d’une politique contrairement à l’estimation du stock. Il est extrêmement difficile de calculer la valeur des stocks car cela revient à estimer le patrimoine des nations. On distingue encore un fois plusieurs méthodes pour accéder à une estimation :
- retrancher au flux de bénéfices la valeur du capital naturel détruite. Cette méthode se révèle en pratique très insatisfaisante.
- l’approche d’Hamilton, utilisée par la Banque Mondiale : une approche en soutenabilité faible qui consiste à considérer qu’on détruit du capital naturel de sorte à créer des capitaux humain et physique, et à ensuite faire les bilans des productions et des destructions.

par Nicolas Elleaume

Publié ou mis à jour le 6 février 2017