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Guillaume Lecointre : The species, a man-made enterprise

Cours du 26 mai 2015

Intervenant : Guillaume Lecointre (http://glecointre.mnhn.fr/)
Directeur du département « Systématique et évolution » du Museum National
d’Histoire Naturelle.
Sa recherche sur le « grand arbre de la vie » interroge la phylogénie (« qui est
plus proche de qui ») pour l’appliquer aux « poissons modernes », les téléostéens.

Des espèces ?

Le cours analyse la compréhension des processus sous-jacents à la diversité du vivant à travers les étapes ayant conduit à la théorie synthétique de l’évolution et plus récemment à la « gestion » de la biodiversité par des politiques publiques de protection-conservation.
La notion de « variations » et évolution . Historiquement, l’enjeu a été de penser la spéciation comme un processus diachronique, en sachant que la notion d’espèce est une convention de langage.

Classification, systématique et phylogénies . Comment prendre des décisions lorsqu’on échantillonne, nomme et classe ? En choisissant de le faire sur la base des caractères des organismes, l’évolution consiste en une succession d’ancêtres communs (« community of descent »). La spéciation et la définition théorique d’une espèce permettent de réfléchir sur les critères d’assignation et de classification. Les contributions les plus récentes sont basées sur des classifications nominalistes et agglomératives. Elles permettent d’observer des attribues partagés assemblés sous la forme de taxons emboités. Cette architecture est opposée aux classifications plus anciennes, car c’est une manière inversée de désignation des relations entre classes d’organismes. Ainsi, les phylogénies donnent l’origine des caractères et leurs trajectoires historiques. Exemple : l’âge des dinosaures perdure à travers les oiseaux via les caractères transmis. Le tronc commun des caractères partagés est donc prioritaire sur des caractères qui changent. Les groupes monophylétiques ainsi générés racontent l’histoire des ancêtres et explique comment les caractères changent, évoluent (W. Henning, systématique phylogénétique).

Systématique, évolution et politiques de conservation . Actuellement la protection de la biodiversité est calquée sur le maintient des services écosystémiques de provision. En réalité, la question de la rareté des caractères dans le vivant devrait être l’élément central de ces politiques, car le rôle écologique des espèces est plus flexible que celui des caractères (« what organisms do does not reflect what they have »). Par ex., deux lignées (tétrapodes et les téléostéens) représentent aujourd’hui 96% des espèces de vertébrés. Les 4% restantes (platypus, esturgeons etc) - pourtant négligeables en biomasse dans les écosystèmes et en danger d’extinction - renferment une diversité importante de caractères évolutifs rares. Ainsi, prendre des décisions de conservation de la biodiversité est surtout important en terme d’histoire évolutive et moins en termes de rôle écologique ou services écosystémiques rendus par des espèces.

Par Gaël Ledoux

Publié ou mis à jour le 6 février 2017