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Reclaiming Resources

Post-COP21 : les ressources, what else ?

La reconquête des ressources – aux devoirs post-COP21, citoyens !

Résumé  : La mise en œuvre territoriale des engagements arrachés à la COP21 nécessite de définir des trajectoires de soutenabilité permettant de définir le(s) logiciel(s) qui va remplacer l’actuel, celui du business as usual. L’article décline une démarche soumise aux exigences suivantes :

  • (i) les actions à mener doivent servir l’intérêt général ;
  • (ii) la transition doit être socialement juste, environnementalement responsable et culturellement acceptable ;
  • (iii) la transition sera structurée par une approche intégrée et ressources-centrée. Dans le cas contraire, on anticipe un ajustement naturel et différentiel aux ressources accessibles des sociétés humaines.

« Au fond, lorsque nous évoquons le terme de ressource, nous évoquons l’utilité et la rareté, mais aussi bien l’utilité et la rareté sont-elles imprévisibles. Et nous évoquons aussi la notion d’homogénéité et de diversité. Lorsque nous parlons d’homogénéité, il vaudrait mieux dire capital. Un capital réunit des éléments homogènes. Et lorsqu’il s’agit de diversité, mieux vaut parler de ressources qui varient en effet selon les besoins, les circonstances et le temps. Et cette question des ressources en amène plusieurs autres. » Pourquoi un nouveau savoir des ressources ? Pour comprendre et non seulement pour expliquer. Car comprendre « conduit à entretenir le monde et à le cultiver, et non pas à l’exploiter ». Michel Serres, 2011 [1]

Jeunes de tous les pays …

Ce texte est dédié aux étudiants qui ont produit par leurs travaux l’échafaudage des idées exposées ici (consultez, par exemple, les plate-formes participatives « transition en Rhône-Alpes » et « who is who » dans les ressources sur notre site [2]). A travers eux, le texte est dédié à la jeunesse toute entière, car c’est cette jeunesse-là qu’on doit laisser à la planète. Une planète dans un état qu’on ne voudrait pas trouver à leur place. La preuve, « Le grand pillage », dernier rapport pour le Club de Rome traduit en français [3] : on ne peut que constater que depuis 1972 ces rapports ont plutôt vu juste en disant où nous en sommes, notamment sur la question « ressources », et comment envisager à cet égard l’avenir.
Et pourtant, les cadrages des agendas politiques, économiques, de recherche, les négociations internationales restent mal calibrés sur des problèmes aussi critiques que le climat, les stratégies énergétiques, le dilemme de la biodiversité, la pauvreté, la démographie.
Pour faire la transition « post-pillage », nous avons besoin de clarification et de recadrage sur les leviers d’intervention dont nous voulons nous en servir. Pour la clarification, il est important de comprendre pourquoi le double dumping, social et environnemental, de notre système de société est niché dans les clichés politico-médiatiques du présent. Pour le recadrage, il est nécessaire de dire que notre planète est un patrimoine naturel inestimable que l’on épuise à des degrés et des allures qui s’accélèrent ; repenser en profondeur la question des ressources s’impose. En effet, les ressources naturelles font système et constituent la substance même de l’histoire humaine : elles ont été et restent la raison principale d’une géopolitique semée de conflits et de rapports de force en permanence renouvelés [4].
La reconquête des ressources, intellectuellement et politiquement, est à mettre au centre des changements à venir.

Clarification : les clichés ont la vie dure

Un aperçu des clichés courants va permettre de mieux saisir la pertinence de la question « ressources ».

  1. La 6e extinction et l’adage « sauver la planète / nature ». Réfléchissons à ce que l’on appelle une extinction [5], mais aussi à la différence entre les systèmes sociaux par rapport aux systèmes biosphériques en termes de vulnérabilité. Qui des deux a la plus grande capacité d’adaptation et de résilience ? La démesure de l’homme n’a d’égal que la fragilité de ses constructions sociales. La réalité socio-écosytémique nous incite à penser dorénavant à l’équilibre avec la nature.
  2. Climat et biodiversité sont aux rendez-vous des agendas qui peinent à aboutir et surtout à passer à l’action. Ce n’est pas surprenant, le climat étant dans le registre « too big to fail » (il faut faire avec en s’adaptant) et la biodiversité, composante du système ressources, se laissant difficilement quantifiée et mise en valeur marchande (marchandisée). Climat et biodiversité représentent des risques lents, insidieux. Le dérèglement des deux se manifestent en réalité indirectement à travers le comportement des ensembles structurés : réseaux trophiques, habitats, écosystèmes, paysages, avec leurs fonctions et services. Climat et écosystèmes vont de pair et nos activités humaines les perturbent et impactent ainsi la productivité biologique. La AHPNP, Appropriation Humaine de la Production Nette Primaire [4] est un très bon exemple. On évalue le taux actuel d’appropriation (les prélèvements effectué par la seule espèce humaine) à 30-40% [6] : on estime que les écosystèmes ont besoin de réinvestir la moitié du capital (la Production Nette Primaire) dans leur propre reproduction [7]. Il reste donc approximativement 15% pour satisfaire aux besoins des autres espèces, donc la biodiversité. Cela donne une idée des difficultés pour préserver cette biodiversité. Aujourd’hui, mais surtout demain.
  3. L’horizon politique habituel est commodément arrimé à 2050 : 9 milliards de terriens, besoins en terres, énergies, eau potable et poissons sont calibrés trop souvent à cette distance-là. La gouvernance et la finance se trompent : les mises à jour du rapport 1972 pour le Club de Rome et le « scientists cosensus initiative » tiennent pour critique la période 2020-2030 ( [8], [9]). En effet, on peut dire qu’en 2025 nous seront 8 milliards de terriens et que le milliard de plus par rapport au présent suffira pour « manger » la réserve de 15% d’AHPNP. Ces études suggèrent fortement que dans ces conditions la manifestation de situations de rupture, incontrôlables et non-souhaitées, est inévitable. Donc, les 9 milliards [8], mais aussi l’hypertrophie urbaine [10] , apparaissent très hypothétiques. L’aménagement du territoire reste donc à repenser.
  4. L’économie est linéaire sur une planète qui fonctionne par cycles interconnectés à diverses échelles. L’économie de marché est surtout présentée comme « libre ». En réalité, elle fonctionne sur le double dumping, social et écosystémique. Elle est donc subventionnée [11] par les « externalités », comme on dit. Le résultat est une vulnérabilité socio-écosystémique portée par ce système de dette chronique, où l’espèce humaine a rompu le contrat des espèces et a transgressé des règles biosphériques en vivant à crédit sur le capital naturel (les ressources humaines y compris).
Recadrage, une question de santé socio-écosystémique

Il faut bien se rendre à l’évidence : nous sommes, individuellement et collectivement, obsessivement ressources-centrés, mais culturellement et politiquement mal ressources-cadrés. En effet, notre histoire est plutôt celle de nos rapports de force par ressources interposés que celle de 2°C de plus ou de moins. La pédagogie climatique appliquée risque de prendre du temps. La question des ressources est notre seconde nature : les ressources restent, et de loin, la plus pertinente clé de négociation entre humains, mais le tout nécessite un changement de logiciel.
Justement, un recadrage de la question du patrimoine naturel / ressources naturelles s’impose. Pour éviter les écueils du Club de Rome [4], nous proposons le concept inclusif de « santé » : santé des individus, des sociétés, des écosystèmes. Cela prend en compte le système socio-environnemental comme un tout. Cela représente une autre manière de parler développement (voir aussi [12]), en mettant la question « santé des ressources » au centre des projets de transition sociétale et écologique.

Les ressources et l’intérêt général, what else ?

Comment arriver à la table des négociations avec une question politiquement absente ? En faisant le choix de traduire les longues listes de solutions proposées à la COP21 et dans d’autres agendas (v. le Plan d’Action Lima-Paris et sa plate-forme Nazca, un inventaire des projets de réduction de GES et de préservation des ressources) en quelques principes universels agrégés autour d’un dénominateur commun, les ressources. Celles-ci portent en elles les ingrédients-clé pour construire un projet culturel et politique cohérent pour l’ensemble des secteurs d’activité et pour l’ensemble de la société ( [13], [15], [21]). En se mettant d’accord sur ces principes, il s’agit d’évacuer des modèles de sociétés en transition(s) la culture du dumping social et environnemental, les forçages et l’extractivisme constitutifs du « business as usual ». La culture dominante des marchés boursiers débridés, leur exubérance irrationnelle, en seront profondément remises en question [14].
Les deux principes sont :
1. Préserver les fonctions et les services écosystémiques, c’est à dire faire rentrer l’économie et autres activités humaines dans la biosphère [9]. En effet, le fait d’inclure « le capital naturel dans le raisonnement économique modifie non seulement notre évaluation de l’expérience actuelle du développement, mais aussi notre compréhension du processus de développement » [11].
2. Satisfaire aux besoins vitaux des humains, c’est à dire s’attaquer aux inégalités et à la pauvreté. Cela demande un nouveau contrat et ordre social avec d’importants investissements socialement nécessaires et des règles de gouvernance transparentes, adaptées et adaptatives [15].
Mettre en cohérence les deux principes signifie mettre en adéquation les besoins vitaux des populations avec les capacités de régénération des écosystèmes, support de la vie et des activités humaines.
L’intérêt de deux principes réside dans la possibilité de les traduire facilement en procédures, instruments et bonnes pratiques visant la dette socio-écosystémique « zéro » par des expérimentations locales avec des acteurs qui connaissent et partagent le souci des spécificités territoriales. Deux démarches sont impératives :

  • (i) Définir le cadre juridique, normatif et réglementaire d’un accès équitable aux ressources visant l’ajustement des ressources aux besoins des populations d’un territoire politiquement organisé [16]. Cette sécurité des ressources territoriales passe par l’adoption d’un socle universelle de protection sociale. Sans remonter jusqu’à Keynes, la « charte de l’Atlantique » de 1941 et les conférences internationales qui ont suivi, les textes onusiens l’ont depuis longtemps exprimé dans des recommandations sur les droits de l’homme et de l’environnement [17]. La reconquête des ressources par la société devient ainsi un acte de développement qui complète les droits de l’homme par des devoirs, individuels et collectifs.
  • (ii) Assurer la justesse et la cohérence des politiques publiques, mais aussi des activités économiques (toutes gourmandes en ressources, y compris humaines), par la mise en service d’outils de comptabilité du patrimoine naturel pour compléter les comptes nationaux et l’indicateur PIB avec un tableau de bord prenant en compte les impacts socio-écosystémiques de toutes les activités humaines [18]. La mise en phase des deux démarches est impérative pour que l’économie de marché dite « libre » devienne enfin une économie intégrée aux cycles biosphériques et au socle universel de protection sociale. Pour cela, la ressource « données » est incontournable : « possédera » la nature, donc les ressources, celui qui aura un accès construit aux informations et à leur recoupement [19]. Les données comme bien public deviennent un devoir politique et sociétal.

Il s’agit donc d’une démarche systémique [20] aux frontières des disciplines et avec la participation de l’ensemble des acteurs de la société : bases de données à diverses échelles territoriales, monitoring, diagnostique et gestion des ressources naturelles en (quasi)temps réel, des instruments normatifs, réglementaires et financiers pour la sécurité des ressources (humaines y comprises) et, à travers elle, la résilience socio-écosystémique des territoires en fonction de leurs spécificités [13].

A l’Ecole des alternatives

Une démocratie participative se mettrait ainsi en marche pour remettre en cause l’organisation de l’économie mondiale et du commerce, les asymétries de pouvoir qui alimentent l’interminable inventaire des inégalités socio-économiques, notamment par une appropriation démesurée par quelques-uns des ressources planétaires [21]. Les exemples d’alternatives crédibles et assumées ne manquent pas : le territoire-école BioVallée et le projet régional de transition écologique en Nord-Pas-de–Calais [22], la plateforme participative sur la transition sociétale et écologique en Rhône-Alpes que les étudiants de l’ ENS de Lyon ont imaginé [23]. Leur mérite n’est pas seulement d’exister, mais surtout de constituer des cas d’école d’une pédagogie concrète et responsable des ressources et de leur réajustement.
Pour faire ensuite école, les diverses alternatives peuvent bénéficier des idées exposées ici en les articulant :

  1. Penser et engager la reconquête des ressources est une question de bon sens et de bon père de famille visant les biens communs. L’antidote à la démesure ? Une justice sociale indissociable de la responsabilité environnementale. Ceci appelle une responsabilité supplémentaire envers les grands absents des conclusions de la COP21 : les paysans et les pêcheurs, administrateurs de facto des terres et des mers du monde ayant la charge des ressources renouvelables primaires sur cette terre. La raison est simple : le maillon le plus faible du « business as usual  » il faut le chercher du côté de la ressource alimentaire ( [15], [24]).
  2. Dans cette situation, il faut renvoyer les négociations climat dans le cadre des Objectifs de développement, des transitions centrées sur les ressources proposées ici étant capables d’apporter les réponses les plus adaptées et acceptables à l’ensemble des défis analysés, dont les dérèglements climatiques. Un réseau Capital Naturel s’est constitué récemment dans cet esprit [25] Comme disait Roosevelt en 1910, “The nation behaves well if it treats the natural resources as assets which it must turn over to the next generation increased, and not impaired, in value [26].
  3. A partir de là la France peut se revendiquer le pays des devoirs humains, des devoirs envers les hommes et les ressources, notre bien commun, en saluant l’initiative pour la Déclaration universelle des responsabilités humaines au Collège de France [27].

Ioan Negrutiu, 16 Décembre 2015

Publié ou mis à jour le 17 décembre 2015

Notes

[1Michel Serres, 2011, De l’inventaire des ressources au souci des choses.

[3Bardi U, 2015, Le grand pillage. Comment nous épuisons les ressources de la planète. Eds. Institut Veblen et Les Petits Matins.

[4Fernandez et al, 2014, Définitions des ressources naturelles et implications pour la démarche juridique, pp 71-86, dans « Penser une démocratie alimentaire »
http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/1874/files/2014/07/DemocratieAlimentaireVol2-24feb2014.pdf. Les ressources, constructions socio-culturelles et politiques, sont et vont rester le défi numéro un et principal facteur de conflit et controverses dans notre monde (Alternatives Internationales, Hors-série 11, Les guerres des matières premières, 2012. Actuellement ce défi, porté avec force par les rapports au Club de Rome et qui avait été clairement exprimé par Roosevelt déjà en 1910, reste cryptique sur les agendas du moment. Pour quelles raisons ? Avec les 30 (pétro)glorieuses, les problèmes environnementaux et le « capital naturel » sont sortis du champs de préoccupation de la théorie économique dominante, tandis que les marchés financiers faisaient leurs sources de profit historiques (M. Auzanneau, Interview dans Libération, 8 mai 2015). De plus, le côté global des scénarios proposés par les rapports appel des solutions globales, et donc des conventions internationales.

[7Barnosky AD et al (2012). Approaching a state shift in Earth’s biosphere. Nature, 486, 52–58.

[8Bardi, U (2011) The Limits to Growth Revisited. Springer-Verlag New York et
Turner, G. M. (2008) A comparison of The Limits to Growth with 30 years of reality. Global Environmental Change, 18(3), 397–411. doi:10.1016/j.gloenvcha.2008.05.001
Meadows, D. H., Meadows, D. L., Randers, J. & Behrens III, W. W. 1972, The Limits to Growth, Universe Books, New York, US.

[9Barnosky AD et al (2013) Scientific Consensus on Maintaining Humanity’s Life Support Systems in the 21st Century (pp. 1–51) http://consensusforaction.stanford.edu/
Dans un dossier complet et bien documenté sur les énergies fossiles, l’analyse du Pentagone a retenu notre attention : la sécurité nationale américaine est menacée par le changement climatique (les énergies fossiles représentent l’essentiel des émissions de CO2 et des GES), car comportant des risques accrus pour la santé, la pauvreté et l’alimentation (Hanne I et Schaub C, Fossiles, dix raisons de sevrer la planète. Libération 9-10 mai 2015, pp 2-8)

[10Paquot T, interview Calvet C, Libération du 7 mai, Les mégapoles multimillionaires doivent décroître, pp24-25 (Désastres urbains, les villes meurent aussi, La Découverte, 2015).

[11Dasgupta P (2009) The place of nature in economic development. In : Handbook of developmental economics 5 (Rodrik D, Rosenzweig M Eds), Amsterdam.
Rotillon G, Economie des ressources naturelles, La Découverte, 2010.
Dasgupta P (2010) Nature’s role in sustaining economic development. Philosophical Transactions of the Royal Society B : Biological Sciences, 365(1537), 5–11. doi:10.1111/j.1461-0248.2008.01157.x

[12Losson C et Charoy B, Les idées des sans-voix sur le front du climat, Libération 18-19 avril 2015, p 11
Lévy A, Une loi santé sans la question environnementale, Libération 28 avril 2015, p24

[13Negrutiu I et al (2014) Les ressources – le grand enjeu de la transition sociétale et écologique, pp 125-142, dans « Penser une démocratie alimentaire »
http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/1874/files/2014/07/DemocratieAlimentaireVol2-24feb2014.pdf.

[14En effet, nos sociétés en général et les marchés en particulier, ne prennent pas en compte la dégradation (la dépréciation) du patrimoine naturel (le capital), et donc les divers et larges bénéfices que nous tirons de la nature. La dégradation de ces « services » (air, eau, sols, pollinisateurs, paysages…) ne peut que dégrader en retour la qualité de vie, le bien-être des populations (malgré le fait que le PIB peut continuer à croître). C’est pourquoi, la comptabilité environnementale doit servir à relever les pertes (ou les gains) engendrées par les activités humaines. V. aussi Hanley N, 2015, Pricing the planet, Nature 520, 434-435 ; Jean-Claude Ameisen, interview dans Le Monde du 23-24 août, 2015. Comment changer notre rapport à la nature ? ; Dominique Méda, interview dans Libération du 9 novembre 2015, En finir avec la domination de la nature par l’homme.

[15De Schutter O (2014) The EU’s Fifth Project : Transitional Governance in the Service of Sustainable Societies. Available at SSRN 2479193.
De Schutter O (2013). Assessing a decade of right to food progress. Interim report of the Special Rapporteur on the right to food (No. A/68/288) (pp. 1–22). Sixty-eighth session on the UN General Assembly.

[16Programme Lascaux Penser une démocratie alimentaire /Thinking a food democracy – Propositions Lascaux entre ressources naturelles et besoins alimentaires , Collart Dutilleul F. et Bréger T. (dir.), éd. Inida, San José, Costa Rica, 504 p. En open acess à partir du lien : http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/1874/files/2014/07/DemocratieAlimentaireVol2-24feb2014.pdf

[17United Nations 1994 “Draft principles on Human Rights and the Environment” states that “all persons have the right to a secure, healthy and ecologically sound environment. This right and other human rights, including civil, cultural, economic, political and social rights, are universal, interdependent and indivisible.”
Draft Principles On Human Rights And The Environment (No. E/CN.4/Sub.2/1994/9, Annex I) (pp. 1–5). Retrieved from https://www1.umn.edu/humanrts/instree/1994-dec.htm

[18Weber JL et al (2014) A Natural Resource-Systems approach : Targeting the Ecological Transition at the Regional Scale, p. 143.
http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/1874/files/2014/07/DemocratieAlimentaireVol2-24feb2014.pdf.

[19Grumbach S (2014) Data is power. Panel : The power of data and the internet of things, Global Forum, Geneva, 17-18 novembre 2014 (https://who.rocq.inria.fr/Stephane.Grumbach/bigdata.html)

[20Serres M, Temps des crises, Le Pommier, 2009

[21Horton R.et Lo S (2014) Protecting health : the global challenge for capitalism. The Lancet, 383(9917), 577–578. doi:10.1016/S0140-6736(13)62712-9
Ottersen, O. P., Dasgupta, J., Blouin, C., Buss, P., Chongsuvivatwong, V., Frenk, J., et al. (2014). The Lancet–University of Oslo Commission on Global Governance for Health – The political origins of health inequity : prospects for change. The Lancet, 1–38. doi:10.1016/S0140-6736(13)62407-1
Vitali, S., Glattfelder, J. B., & Battiston, S. (2011). The Network of Global Corporate Control. PLoS ONE, 6, e25995. doi:10.1371/journal.pone.0025995.s001

[23Clappe et al (2014) Pour une démocratie socio-environnementale : cadre pour une plate-forme participative sur la « transition écologique , p. 87.

[24Mazoyer M et al (2008) “World development report“, Mondes en Développement 36 : 1-20.