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Pourquoi la soif ?

Pourquoi la faim, pourquoi la soif ? Chapitre 2

Dans la seconde partie du documentaire, Claus Kleber aborde la question de l’eau. Si la spéculation mondiale à permis l’enrichissement de grands propriétaires, ceux-ci n’ont pas anticipé l’épuisement de la ressource ; les besoins en eau de leurs productions dépassent de beaucoup les capacités des réserves mondiales.
L’accès à l’eau est en train de devenir un enjeu stratégique majeur, la prochaine décennie devra répondre au manque d’eau avant même d’affronter celui du pétrole.

« Le premier facteur de raréfaction de l’eau est l’accroissement de la population mondiale aggravé par le changement climatique,(..) le deuxième grand facteur est l’accroissement des pollutions d’origine urbaine, industrielle ou agricole et de la température de l’eau ». (source : eau sans frontière)
De nos jours, 70 % en moyenne du volume d’eau douce prélevé dans le monde va au secteur agricole et l’eau douce ne représente pourtant que 3% des réserves d’eau mondiales.

En Espagne, sous La mer de plastique des serres de la région d’Alméria sont cultivés des fruits et légumes, à l’esthétique aseptisée, qui inondent les marchés européens... « les normes présidant aux usages de l’eau à Almeria témoignent d’une représentation de l’eau comme simple ressource d’allocation inépuisable qu’il suffit de mobiliser » " (Arnaud Buchs, 2010 source HAL).

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De son côté ,« cela fait bien longtemps que la Chine s’est inquiétée des conséquences du changement climatique sur l’approvisionnement en eau du pays. Le projet d’aménagement hydraulique le plus cher au monde doit conduire 45 milliards de mètres cube d’eau tous les ans, vers les métropoles assoiffées » (source : webdoc, ArteFuture). Le plus grand fleuve artificiel du nord au sud de la chine, relié à plus de 700 cours d’eau est toujours en cours de réalisation.

La Chine possède un douzième des ressources en eau de la planète et un cinquième de la population mondiale. Le reportage présente des villageois luttant inlassablement contre le sable et le vent à l’aide de moyens dérisoires. Les rangées de paille plantées dans le sable leur permettent l’irrigation et la préservation de zones vertes autour des villages.

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New Delhi vit déjà le quotidien de la surpopulation. Sans système de distribution fonctionnel, la mégapole devient le jeu de stratégies locales. Le ravitaillement en eau par camions et à l’aide de bidons se voit même dans les milieux non défavorisés. Et les bricoleurs de citernes travaillent parfois au profit de mafias sans scrupules.

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Le long des rives du fleuve sacré, des rites ancestraux se déroulent sur des sites souillés, eaux usées, rejets industriels, la pollution des eaux envahit les fleuves, imprègne les sols et les cours d’eau...
L’Inde vit la fin des effets bénéfiques de la Révolution verte qui a permis l’irrigation et l’autosuffisance alimentaire des populations.

Le Proche-Orient est l’une des régions les plus arides de la planète, c’ est aussi l’une de celles qui connaît le plus de tensions. « Le conflit israélo-palestinien, la guerre en Syrie et en Irak, la marche des milices terroristes autour de l’Euphrate et du Tigre, tous ces conflits tournent autour de l’eau »

Dans les territoires occupés,« les seules nappes phréatiques de la région se trouvent sous le sable et la pierre des territoires occupés ». Les palestiniens, dépossédés de leur terres n’accèdent plus aux points d’eau alors que les constructions dans les colonies s’étendent, entourées des zones vertes et irriguées, puisant dans des ressources déjà affaiblies.

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De son côté, l’Australie, soumise à la sécheresse et à de grands incendies, privilégie la recherche sur les techniques de dessalement des eaux de mer. Dans ce domaine, ce elle est en passe de devenir pionnière. « Si les océans pouvaient devenir une source d’eau potable, plus personne ne craindrait les sécheresses » dit Claus Kléber.

« La majeure partie des experts s’accordent à penser qu’il y a suffisamment d’eau pour la population du globe, mais que sa répartition est inégale.(...) Environ 1 milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable et 2,5 milliards n’ont pas accès à un système sanitaire décent ». (source : eau sans frontières)

En conclusion, alors que la population mondiale continue d’augmenter et que nous cumulons d’autres crises liées aux ressources vitales, il est urgent que les gouvernements s’accordent en prenant en compte le besoin de politiques de gestion et d’économies d’eau tout en privilégiant systématiquement la soutenabilité des solutions retenues.

Pour en savoir plus sur les sujets évoqués dans « Pourquoi la faim, pourquoi la soif », nous vous conseillons le webdoc réalisé à cette occasion et l’ espace thématique qui y est consacré sur le site d’ Arte Future. Les images utilisées sont extraites du documentaire « Pourquoi la Faim, pourquoi la Soif » diffusé par Arte.

Anne Chemin R - 3 novembre 2014

Publié ou mis à jour le 4 novembre 2014