Accueil / / News

Pourquoi la faim, pourquoi la soif - Chapitre 1

Ce documentaire de Claus Kleber et Angela Anderson diffusé sur Arte mardi 28 octobre et ce vendredi 31 octobre à 8h45 sera visible en ligne jusqu’au 4 novembre sur Arte TV+7

Découpé en deux parties de 55 minutes, « la Faim », « la Soif » . Ce film est également proposé par Arte Future sous forme de webdoc interactif
<span class="caps">JPEG</span> - 151.6 ko

Le Droit à l’alimentation comme Droit fondamental

Les problématiques liées au droit de l’alimentation font partie des « Ressources et biens communs » sur lesquels l’Institut Michel Serres et ses partenaires fondent leur travaux de recherche. Voir à ce propos notre rubrique dédiée au « Colloque sur les Droits Aliments-Terre » organisé à Nantes par François Collard-Dutilleul, responsable du programme Lascaux et auquel était associé l’Institut Michel Serres, ainsi que notre actualité Equity starts with « hunger zero ».

Claus Kleber est journaliste et responsable éditorial du « Heute Journal » pour la télévision allemande ZDF, spécialiste en droit de l’économie et en géopolitique, il a déja reçu de nombreuses récompenses pour ses reportages ou ses documentaires co-réalisés avec sa collaboratrice Angela Andersen ainsi que pour son livre « Amerikas Kreuzzüge (American Crusades) ».

Pourquoi la Faim ?

En se basant sur cette question : « Comment se peut-il que des gens continuent à mourir de faim sur notre planète, alors que la production mondiale pourrait nourrir au moins 6 fois la population mondiale ? » et pour réaliser ce film, Claus Kleber a parcouru les quatre coins de la planète et analysé les mécanismes financiers et géopolitiques qui ont conduit à de si grandes disparités.

Il s’interroge notamment sur la promiscuité géographique entre des zones de productions intensives et des populations affamées. Surabondance, logiques mercantiles, trusts financiers et gestions gouvernementales inappropriées, privent une partie du monde des ressources qu’il produit.

Son constat est donc que l’on est « passé d’une économie au service de la société à une société au service de l’économie » ce qui fut récemment démontré dans un autre documentaire « L’ urgence de ralentir » réalisé par Philippe Borrel.

Cependant il constate également que « L’agrobusiness planétaire écrase désormais aussi les grosses exploitations » et les stocks disponibles sont soumis aux fluctuations des marchés mondiaux quitte à être abandonnés sur place si la situation n’est pas jugée propice à leur acheminement.

Claus Kleber, sidéré par les situations de grande détresse que ces situations génèrent, notamment en Inde, pays pourtant le plus grand producteur de riz au niveau mondial, en vient à citer Jean Ziegler pour lequel « un enfant qui meurt de faim aujourd’hui est un enfant assassiné ».

Face à la croissance démographique à laquelle le monde est confronté, la demande en nourriture, viandes, céréales, légumes et fruits augmente de façon exponentielle. Le « Business as usuel » fait donc qu’il faut « produire plus » et « à n’importe quel prix ».

La mondialisation affecte aussi les modes de nutrition et les cultures traditionnelles ;

En chine l’importation massive de bétail dans des élevages pouvant entasser 18 000 vaches participe à l’accroissement d’une demande en viande et en lait jusqu’alors presque inexistante.

En Afrique, l’accaparement des terres et la production agricole intensive au profit d’investisseurs mondiaux ruinent l’équilibre sociétal et affament les paysans.

Claus Kleber y voit là un « colonialisme 2.0 », et constate que « l’oppression est un autre visage de la faim ». Les populations locales, lorsqu’elles en ont cette chance, sortent de leur misère en devenant les petites mains d’une production principalement destinée à l’exportation.

Au coeur même du jardin de l’Europe, et malgré la surabondance de ressources agricoles, la brutale chute de l’économie a pourtant plongé des milliers de familles espagnoles dans la détresse et dans la faim.

« Il est grand temps de faire place aux idées nouvelles et certaines déploient déjà leurs branches »

A Détroit, ville ravagée par la chute de l’industrie automobile et la crise des Subprimes, un nouveau concept d’agriculture locale produite en lieu et place de quartiers fantômes de la ville a été initié par des étudiants, à un autre échelle des pans entiers de quartier sont rachetés afin d’être réaffectés et transformés en terres agricoles afin de redonner un essor à l’économie dévastée de cette région.

<span class="caps">JPEG</span> - 102.5 ko

Claus Kleber conclut cette première partie en estimant qu’’il nous faudra redéfinir notre rapport à la nourriture trouver comment la produire et comment la partager, tous ensemble, avant que ne se déclenche une guerre que tout le monde perdra".

Dans l’article suivant , « la soif », une lecture de l’autre grande thématique de ce documentaire à retrouver sur Arte TV +7 pendant encore quelques jours.

Anne Chemin R, 31 octobre 2014

Publié ou mis à jour le 3 novembre 2014