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Pour la transition, entamons la décélération.

L’urgence de ralentir, un film à voir

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Les idées du « slow » sont régulièrement évoquées ou reprises sur notre site. En voici une suite.

Ce documentaire réalisé par Philippe Borrel a été diffusé le mardi 2 septembre 2014 sur Arte.

Préfacé par Edgar Morin, ce film n’est pas seulement le reflet d’initiatives et d’alternatives mises en place à travers le monde, pour vivre mieux, à une échelle locale, à une échelle humaine ; il aborde et analyse de façon très construite l’accélération dans laquelle l’humanité s’est projetée. Cette accélération technologique et financière entraine dans son sillage notre planète vers des lendemains bien problématiques.

Il démontre qu’une importante décélération s’impose et que les différentes instances gouvernantes mondiales doivent impérativement opérer des changements sur les plans économiques, sociétaux et environnementaux. (voir les rapports et publications du GIEC - IPCC).

« La société moderne est devenue une machine qui avance en aveugle »

Dans l’une de ses interventions, Jeremy Rifkin fait le constat alarmant que l’humanité n’a pas pris pas le temps se s’arréter pour réflechir.

La spirale dans laquelle des algorithmes financiers prédictifs à très haute fréquence modulent les échanges planétaires, effectuent une compression sans précédent du temps en spéculant non sur ce dont nous disposons comme ressources réelles mais sur ce que l’on peut anticiper sur le futur, dans un univers dématérialisé.

Car pour les traders de grands groupes financiers, la question n’est plus de savoir de combien de temps ils disposent mais avec combien d’avance ils peuvent agir sur les transactions et ainsi vaincre, en quelques fractions de secondes, leurs concurrents.

Mais si le PDG d’Interactive Brokers, déclare que le « capitalisme reflète la nature intrinsèque de l’homme », connait-on le moment, où cette compression temporelle, conduira notre « modèle » de société à l’implosion ? (voir aussi le livre de Pierre Thuillier, La grande implosion)

La transition citoyenne

Face à cela, des alternatives proposent d’inventer un autre rapport au temps et à l’argent, en imaginant des modèles de vies communautaires basés sur les échanges locaux, à l’échelle du territoire, à dimension humaine.

Ce documentaire nous donne à découvrir certaines d’entre elles, qui ont pu essaimer, inspirer et inciter d’autres démarches du même type.

Des initiatives conduisant à une relocalisation et une appropriation par les citoyens de leur économie se sont mises en place avec la création de monnaies locales, telles « La mesure » à Romans sur Isère, les « Bristol Pounds » en Angleterre, et enfin les « Ithaca Hours » aux Etats Unis.

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A Ithaca des citoyens ont opté pour « la simplicité volontaire » basée sur un mode de vie coopératif et communautaire dans la maitrise de leur consommation et de leur production.

En Equateur c’est par le # Buen Vivir (du quechua : sumak kawsay) qu’ils entendent répondre en instaurant le droit à l’eau et à la nourriture pour tous comme droit fondamental. Dans leurs interventions Alberto Acosta et le président équatorien Rafael Correa témoignent de leur volonté de construire une société du vivre mieux, respectant la nature, ses ressources et le droit des êtres humains qui les partagent.

La Flok Society qui n’est pas présentée dans ce documentaire est également très active en Equateur et propose une transition basée sur le partage des Biens Communs et des connaissances par le concept du # Buen Conocer.

Avec le mouvement des Colibris, Pierre Rabbi nous propose de « Faire le choix de penser qu’un autre monde est possible » mais nous rappelle que pour se faire, il est nécessaire que l’humain effectue d’abord sa propre transformation en repensant les valeurs même de son humanité.

« La transition consiste à ouvrir le champ des possibles localement »

déclare Rob Hopkins. Cet homme, qui fut d’abord agriculteur est le fondateur du mouvement mondial pour la transition et de villes en transitions. Il a ainsi été l’initiateur d’un modèle d’alternative qui se décline déjà dans plus de 43 pays. Pourtant dans chacun de ces pays et de ces cultures les initiatives auront leurs spécificités et leurs différences. Ces expériences sociales donneront le jour à des économies plus résiliantes et plus durables. Nous pouvons donc commencer par agir dans notre propre environnement, chacun à notre niveau tout en étant visible des autres et ainsi reproductible.

La croissance pour qui et aux dépens de qui ?

Hervé Kempf, journaliste pour le quotidien Reporterre , analyse ce que les grands projets inutiles nous disent des engagements financiers que les états passent avec de grandes entreprises privées et envers lesquelles ils restent de ce fait redevables.

Par des modes d’actions pacifiques et en réoccupant des terres agricoles vouées à la destruction, des citoyens s’opposent à ce qu’ils considèrent de grands projets inutiles comme l’aéroport de Notre Dame des Landes ou le train à grand vitesse Lyon-Turin. Face à ces mouvements de résistance, les pouvoirs en place n’ont pourtant d’autre réponse que l’appel à la force.

Dans « l’urgence de ralentir » enfin, Philippe Borrel nous donne à découvrir l’expérience remarquable du campus Barefoot au Rajasthan qui reçoit pour les former au métier d’ingénieures en énergie solaire des femmes issues de l’extrême pauvreté, venant de régions où bien souvent les hommes ont du s’exhiler pour trouver du travail.
A leur retour elles peuvent transmettre leurs savoir-faire et favoriser l’essor de leurs communautés grâce à l’utilisation d’une énergie simple et bon marché. Décrit par son fondateur, Bunker Roy :

« Ce projet démontre qu’il est possible de ne pas abuser des ressources naturelles et de mener une vie simple pour permettre aux autres de vivre, tout simplement ».

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Anne Chemin R

Publié ou mis à jour le 4 septembre 2014